L'Onirocartographe

29 juillet 2007

Première Esquisse

Rêver n'est pas une activité qu'on peut se permettre d'entreprendre à la légère.

D'abord, après l'ondoiement de pensées sans sens qui trahit l'emprise tentaculaire des bras de Fable, le rêveur est précipité à travers les Esquisses aux mille étages. Même les rêveurs lucides ont du mal à se représenter les Esquisses, mais imaginons un grand hall de gare où se presserait la foule de tous les endormis, une gare qui serait aussi un gigantesque atelier à rêves où l'Inconscient tremperait ses pinceaux pour éprouver la pallette subtile de ses couleurs. Rien n'est stable ni achevé, dans les Esquisses : c'est un maelström, un merveilleux et terrifiant brainstorming par où chacun passe mais dont personne ne peut avoir de souvenir précis.

Dans les Esquisses erre une population très importante de Lampadophores, lesquels guideront le rêveur, par excès de bienveillance ou de malignité, vers des territoires plus tangibles, à moins qu'ils ne préfèrent le laisser dans le moutonnement furieux des rêves Esquissés. Le rêveur non lucide aurait de toute façon bien du mal à transpercer la fine membrane des Esquisses sans aide - mais quel rêveur non lucide se souvient des Lampadophores ?

Après les Esquisses, voici les Enclaves ; voici les rêves les plus forts, les plus stables, ceux qui peuvent même perdurer au-delà de l'esprit du rêveur ; les rêves patiemment ébauchés, puis bâtis, soutenus par une complexe et ineffable architecture, grâce aux efforts Esquissés de "l'Inconscient Collectif".

Enfin, au coeur des Enclaves, niche Fable, Fable qu'il est de toute façon impossible de décrire puisqu'elle est indicible et parce qu'il est rare, très rare, pour un rêveur, de pouvoir l'approcher. Redoutable, brute et merveilleuse Fable, pouls battant du Subconscient, si absconse dans sa nature même qu'elle n'a, finalement, en soi, pas d'intérêt.

Pour finir, entre Eveil, Esquisses, Enclaves et Fable, se coule Faery, comme un liquide dans des interstices - mais ceci est une autre question.

Posté par Sacrilege à 12:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]